Écrire autrement
carnet littéraire de salades
Début juillet ça fera deux ans que j’ai lancé cette newsletter avec l’envie d’approfondir des sujets de cuisine et de santé avec ma simple voix. Loin de l’accélération ambiante et diktat vidéo qui régnait sur instagram.
Je voulais parler de cuisine bien sûr, mais aussi de transmission, de techniques, de goûts, de gestes, de métiers, de portraits. Partager des réflexions plus lentes, plus fouillées, parfois plus personnelles aussi.
Pendant deux ans, cette newsletter a accompagné une énorme partie de ma vie. Elle a cohabité en parallèle des cours à l’école, des consulting, les développements de recettes, les périodes d’élan comme les périodes de fatigue. Les recherches obsessionnelles sur les bouillons bien après la parution du livre, les fermentations, les sauces, les produits, les savoir-faire artisanaux, et vos demandes aussi.
Pétioles de Berce Spondyle à l’apéro
Cette news à été comme un grand bain de mer, elle m’a permise de nager plus librement dans l’écriture, de rencontrer un lectorat extrêmement précieux et de continuer une relation que nous avions débuté avec la plupart d’entre vous il y a déjà plus de 10 ans avec la pâtisserie, puis la naturopathie.
Je sais que recevoir un email chaque semaine fait partie du quotidien de certain. es d’entre vous. Je sais aussi que plusieurs centaines de personnes ont accepté de payer pour soutenir mon travail. Et honnêtement, ça reste quelque chose qui me surprend toujours autant que ça me touche.
Écrire une newsletter par semaine en parallèle de mes autres activités est devenu très difficile à tenir sans sacrifier soit le temps de recherche, soit la qualité des textes, soit simplement… du repos.
Passion Salade César avec des jeunes feuilles tendre de Tilleul pour remplacer le vieux mesclun en sachet de chez Carrefour.
Et je me rends compte que plus j’ai voulu maintenir un niveau d’exigence élevé, plus l’écriture est devenue un espace de pression.
Je crois profondément que les choses que l’on transmet autour de la cuisine, surtout quand elles parlent de goût, de vivant, de savoir-faire, de mémoire, ont besoin de temps et pas seulement de régularité.
J’ai longtemps essayé de maintenir le rythme, mais je préfère être honnête, aujourd’hui, je n’arrive plus à écrire une newsletter hebdomadaire avec la qualité et la disponibilité intérieure que j’aimerais sauf en ralant et ça il n’en est pas question.
J’ai donc décidé d’arrêter la version payante de cette newsletter.
En vrai c’est pas une grande surprise. D’ailleurs vous avez du remarqué que j’avais rendu le contenu totalement gratuit sans le dire depuis déjà deux mois. Mais j’ai remarqué aussi que de généreuses âmes ont tout de même continué à souscrire à l’abonnement payant. Amour sur vous pour ces élans.
Cette newsletter va redevenir entièrement gratuite, et je continuerai à écrire ici, mais différemment. Avec moins de fréquence. Moins d’obligation. Plus de liberté aussi.
Je préfère vous envoyer des textes lorsque j’ai réellement quelque chose à partager plutôt que d’écrire pour “tenir” un calendrier.
Pour les abonnés payants mensuels, les prélèvements vont être arrêtés. Pour les personnes qui ont souscrit à partir de janvier, envoyez moi un mail et je vous rembourserai.
Je voulais surtout vous remercier, vous m’avez permis de faire la bascule lorsque j’ai vendu ma boite, vous m’avez permis une transition douce vers d’autres projets et surtout nos échanges ont été tellement nourriciers.
Dans notre société où tout devient rapide, fragmenté, bruyant, vous avez été plusieurs centaines à choisir de soutenir un travail d’écriture long, artisanal, une simple voix autour de la cuisine. Et ça, je ne l’oublierai pas.
Un Carnet littéraire qui parle de salades estivales.
Je crois que les meilleures salades d’été sont rarement des recettes.
Ce sont plutôt des assemblages que l’on affine au fil des étés. Des habitudes qui changent. Des détails. Une façon différente d’assaisonner une tomate ou de penser l’acidité.
Par exemple, je mets très rarement du basilic avec les tomates désormais. J’aime davantage la fraîcheur presque citronnée de la mélisse. Quelque chose de plus vert, de plus tendre aussi comme des cébettes ou de l’aillet (coucou à mes amies allergiques aux alliacées, vous êtes de plus en plus nombreuses c’est un délire).
J’aime aussi ajouter des algues dans les salades d’été. Pas forcément pour “faire japonais”, mais parce qu’elles apportent une profondeur saline très particulière, presque une sensation d’eau froide.
Certaines tomates deviennent magnifiques simplement plongées quelques minutes dans un dashi froid avec un peu de concombre, quelques herbes et une pointe de kosho de yuzu. Le bouillon devient alors l’assaisonnement lui-même.
Je sale souvent les tomates un peu en avance pour les laisser dégorger légèrement. Pas pour leur retirer leur eau, mais au contraire pour révéler ce jus extraordinairement parfumé qu’elles rendent au fond du plat. C’est souvent ce jus-là que je veux conserver.
Et puis je fais rarement des vinaigrettes classiques l’été.
La moutarde, écrase facilement les équilibres très aqueux et délicats des légumes d’été. Je préfère des acidités plus légères, plus diffuses : un vinaigre de riz très doux, du verjus, un peu de jus de prune umeboshi dilué, parfois simplement quelques gouttes de citron (et zestes) dans beaucoup d’huile.
L’huile compte énormément aussi. Une huile de cameline avec des tomates légèrement tiédies par le soleil n’a rien à voir avec une huile d’olive très ardente et poivrée. L’une accompagne. L’autre raconte tout de suite autre chose.
Je crois que les salades deviennent intéressantes quand on arrête de les penser comme des crudités avec une sauce. Et qu’on commence plutôt à les voir comme des compositions d’eau, de température, de sel, d’herbes, de parfums et de textures. C’est pour ça que je vous ai préparé un ptit carnet littéraire d’idées à appliquer chez vous.








Merveilleuse Jennifer, ta franchise et ta générosité en accord total avec ce que tu es, ton carnet littéraire de salades en est à l'image. des salades sauvages que l'on glane parce que tu nous auras appris à les reconnaitre et à les aimer. Sauvage, gratuite, quand le vent sème, merci pour tes mots, merci de nous permettre de continuer à les savourer
Merci pour ta générosité